Taksim moonwalk
emrah serbes
traduit du turc par jocelyne burkmann et ali terzioglu

Little Miss Sunshine sur fond de révolution sociale

Cağlar a dix-sept ans et une petite sœur qu’il aime par-dessus tout, Ciğdem. Elle est tout ce qu’il lui reste comme famille. Leur père est parti, leur mère dépressive, leur oncle est un politicien véreux. Pour échapper au pessimisme ambiant, rien de tel qu’un concours de talents. Et Ciğdem n’en manque pas : elle maîtrise le moonwalk comme personne !

Alors qu’ils ne sont plus qu’à quelques marches de la gloire, le monde en décide autrement… En ce mois de mai 2013, les projecteurs se braquent sur le parc de Gezi et les manifestations stambouliotes. Cağlar en est sûr, c’est la chance de leur vie. C’est décidé, Ciğdem dansera au milieu des lacrymos et des chars antiémeutes. YouTube et les internautes se chargeront du reste…

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isbn 9791095604051
parution le 12 mai 2017
21 € – 14 x 20,5 cm
384 pages
couv. duru eksioglu
30 notes connectées
le roman de gezi

Des librairies aux petits écrans, Emrah Serbes est l’auteur populaire par essence. Il a choisi Gezi et les émeutes de l’été 2013 pour exprimer sa vision de la Turquie, dans un roman satirique et tendre. Portrait d’un pays déchiré entre ses traditions et son aspiration au changement.

Taksim moonwalk en exclu !

Taksim moonwalk en exclu !

Taksim moonwalk, quatrième livre Belleville, débarque en libraire le 12 mai ! Un Little Miss Sunshine sur fond de révolution turque... Ce grand roman de la révolte de Gezi raconte l'histoire déjantée d'un frère et d'une sœur embarqués dans un concours de talents... En effet, la petite Çiğdem sait imiter le King of pop comme personne ! Mais alors qu'ils accèdent bientôt à la gloire, İstanbul se soulève. Ce qui n'arrange pas nos deux héros... Ils décident d'aller faire le moonwalk sous les gaz poivre de l'avenue İstiklâl. Tendre, rock, loufoque et malheureusement très actuel, un regard authentique sur la Turquie contemporaine. À l'occasion de la sortie du livre, l'auteur Emrah Serbes, voix de la résistance populaire dans son pays, sera en France pour deux courtes journées. Le 1er mai à Arras, au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale ; et le 2 mai à Paris, pour une

La voix à Nermin Mollaoglu, l’agente de Seray Sahiner

La voix à Nermin Mollaoglu, l’agente de Seray Sahiner

Nermin Mollaoglu, agente littéraire en Turquie, a répondu à nos questions. Dans cette interview, elle nous parle littérature, nouvelle génération…

Peux-tu nous expliquer ton travail en quelques mots et les raisons qui t’ont poussée à le choisir ?

Je suis agente littéraire. Je présente mon catalogue d’auteurs à des éditeurs de pays étrangers, et leur vends les droits pour qu’ils traduisent le livre dans leur langue. Je représente un bon nombre d’éditeurs turcs, et j’essaie de trouver les meilleurs éditeurs pour leurs livres.
Je n’ai pas une bonne raison qui m’aurait poussée à choisir ce travail, la vérité est plutôt que ce travail m’a choisie. J’ai été sage-femme, puis professeure, et j’ai obtenu un diplôme en marketing et un autre en droit et économie. Ces études me permettent de faire mon travail au mieux.

Où est ton agence ? Pourquoi t’être installée dans ce quartier ?

Nos bureaux sont situés à Beyoğlu, place Tünel. Les étrangers se souviennent des émeutes qui ont commencé sur la place Taksim et l’avenue Istiklal. C’est la rue de la fête, du shopping et de la culture. On y trouve de nombreux centres culturels et de consulats. Notre rue est connue pour sa salle de concert, le Babylon Music Hall.
Nous sommes 13, installés au dernier étage de notre immeuble que nous adorons. Nous partageons de bons déjeuner, avec toujours une bouteille de champagne au frais pour les grandes occasions, vous pouvez l’imaginez ! De mon côté, j’habite à Kadıköy, sur la rive asiatique, comme beaucoup de mes collègues. Mais nous préférons travailler dans cette partie d’Istanbul.

Combien de temps passes-tu à l’étranger durant l’année ? Quel est ton salon préféré ?

L’année dernière, j’ai comptabilisé 23 déplacements à l’étranger, ce qui correspond à peu près 23 semaines. Je participe à de nombreux salons et festivals. Mon mari est le directeur du festival littéraire ITEF. Nous voyageons donc souvent ensemble, j’apporte mon foyer avec moi :) Heureusement que je n’ai pas d’animal de compagnie ! Chaque année, j’ai un coup de cœur pour un événement différent. En 2014, ce fut la foire de Sharjah que j’ai particulièrement appréciée. Un autre monde, comparé à Istanbul ! En 2015, je choisirais Francfort, car j’ai passé de merveilleux moments avec mes amis éditeurs, et que les résultats furent fructueux.

Quel est ton livre turc préféré ?

Ça change sans arrêt ! Au printemps, un roman appelé Istanbul Istanbul de Burhan Sönmez m’a bouleversée. Nous avons fait de très belles ventes, d’ailleurs il sortira bientôt chez Gallimard.
Aujourd’hui, je suis excitée par un nouvel auteur que je viens de découvrir. Mon adorable collègue Berrak l’a lu et me l’a recommandé. J’ai commencé ma lecture sur le chemin du retour, dans le ferry qui lie l’Europe à l’Asie, et je n’ai pas pu fermer l’œil avant de l’avoir terminé. Son nom est Sinan Sülün. Je n’ai pas encore rencontré l’auteur, mais je suis déjà sous le charme de sa plume. C’est ce que stimule et me rend heureuse dans mon travail.

Peux-tu nous dire quelques mots sur Seray Şahiner ?

J’adore lire des nouvelles. Je pense que c’est le genre de notre siècle. J’aime beaucoup les deux recueils de nouvelles de Seray Şahiner. D’habitude, les agents littéraires sont frileux et hésitent à représenter des auteurs de nouvelles. De mon côté, je le fais et j’en suis fière. Sa plume a tout simplement conquis mon cœur et elle ne m’a jamais déçue.

Que penses-tu de la nouvelle génération d’auteurs turcs ?

Quand tu poses la question « Quel est ton livre préféré ? » à un professionnel du livre turc, il te parlera toujours d’un auteur classique, qu’il soit turc ou étranger. Bien sûr, je les lis et les adore, mais j’apprécie tout particulièrement la qualité littéraire des auteurs contemporains. Prenez Hakan Günday, Ece Temelkuran, Seray Şahiner, Emrah Serbes… entre autres. Leur style est si spécial !

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Playlist #La coiffure de la mariée

Playlist #La coiffure de la mariée

Un peu de musique traditionnelle turque que l’on peut découvrir dans La coiffure de la mariée de Seray Şahiner.

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Söyle
Ahmet Kaya
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Haydar Haydar
Ali Ekber Cicek
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Sebra Dıla
Burhan Çaçan
La voix à Duru Eksioglu, illustratrice Belleville

La voix à Duru Eksioglu, illustratrice Belleville

Vous avez découvert il y a peu l’illustration de la couverture de notre premier livre La coiffure de la mariée de Seray Şahiner … Eh bien aujourd’hui on vous propose d’en savoir un peu plus sur cette jeune artiste qui nous vient d’Istanbul ! Duru Eksioglu a su mettre de la Chantilly dans notre cœur avec cette petite merveille et on souhaite vous la faire rencontrer !

Parle-nous de ton métier. Sur quel genre de projets bosses-tu ?

Je travaille pour différentes entreprises un peu partout dans le monde. J’ai ainsi réalisé des tee-shirts pour une célèbre marque de vêtements turque ; j’écris aussi des storyboards et des livres illustrés. J’ai également créé ma propre marque à l’occasion de mon projet de fin d’études, Happy Marker. Je propose des broches toutes mignonnes, de jolis faux-cols ou encore des tote bag, etc. Juste pour le plaisir !

Être artiste en Turquie, ça ressemble à quoi ?

C’est un métier particulièrement compliqué car les gens ont du mal à évaluer le travail nécessaire à la réalisation d’une œuvre. Créer est l’une des tâches les plus compliquées de notre métier et certaines personnes imaginent que ça se fait en un clin d’œil. Du coup, beaucoup d’entre nous ont du mal à en faire une source de revenus. Certains clients bloquent aussi toute liberté créatrice. Nous ne pouvons pas faire exactement ce que nous souhaitons. C’est pour ça que je considère qu’une aquarelle réalisée dans la joie est bien plus précieuse qu’une carte de visite ennuyeuse commandée par un client ;)

Duru en plein travail
Duru en plein travail

Sur quel genre de livres as-tu travaillé ? Collabores-tu souvent avec des maisons étrangères ?

Mon style étant assez enfantin, j’ai plutôt travaillé pour les livres jeunesse au début. Puis j’ai évolué et mon dessin est devenu plus « sérieux ». J’ai ainsi participé à un livre de coloriages et un autre de développement personnel. J’aime beaucoup travailler avec des entreprises étrangères, et je m’épanouis dans les interactions avec d’autres cultures. Et quoi de mieux que l’illustration pour rencontrer le monde !

Que ressens-tu à l’idée de travailler avec un éditeur français ? Y a-t-il un artiste français que tu aimes particulièrement ?

J’ai déjà collaboré avec une boîte textile française, mais c’était très différent. Quand vous m’avez envoyé votre proposition, j’étais super excitée et impatiente de commencer ! Votre projet correspond tout à fait à mon univers. Je suis ravie de travailler avec vous :) Nous aussi Duru :)

En matière d’art, j’aime tout particulièrement Monet : ses paysages et ses couleurs sont à couper le souffle ! J’apprécie beaucoup les impressionnistes. Ils ont su quitter leurs ateliers pour sortir peindre la nature et la vie réelle. Moi-même, je m’inspire beaucoup de la nature et du ciel.

Raconte-nous où tu habites ! Quel est ton endroit préféré à Istanbul ?

J’habite sur la rive asiatique d’Istanbul et cela me convient tout à fait ! Je trouve que du côté occidental, il y a trop de gens, de bruit, de trafic et d’immeubles. Je suis née ici, à Kozyatağı, un quartier paisible avec plein de petits parcs et des voisins très sympathiques.

Mon endroit préféré est très certainement la côte de Caddebostan qui est également sur la rive asiatique et fait partie du quartier de Kadıköy. C’est un grand espace vert avec des arbres, des belles pelouses et une vue magnifique sur les îles aux Princes. L’été, quand il fait beau, j’y passe tout mon temps à faire des pique-niques et du vélo entre amis.

Que penses-tu de Seray Şahiner ?

C’est une jeune et talentueuse auteure qui croque brillamment la cosmopolite Istanbul tout en gardant un sens aïgu de l’observation ! Très féminin et puissant !

Duru à Istanbul...
Duru à Istanbul…
Si on partait ensemble à Istanbul, on vous emmènerait là…

Si on partait ensemble à Istanbul, on vous emmènerait là…

Belleville aime…

En premier lieu, vous l’avez peut-être déjà compris au regard de nos posts : on vous emmènerait à Cihangir ! Ce charmant quartier sur flanc de colline, coincé entre l’avenue Istiklal et le Bosphore, abrite un dédale de petites ruelles où l’on croise librairies, cafés, antiquaires et chats des rues heureux car nourris par les habitants. Il fait bon – et pour nous il est indispensable de – s’y perdre.

Ensuite, nous irons au musée d’art moderne ! D’abord parce que le lieu est magnifique : un entrepôt douanier au bord du Bosphore. Ensuite parce qu’il possède une collection de trésors d’art contemporain turc, que ce soit en peintures, installations ou vidéos.

Maintenant allons faire un tour à Kadiköy ! La rive asiatique d’Istanbul est pleine de vie, et le quartier nous charme avec ses galeries et ses marchés. Puis l’on marchera jusqu’à la gare de Haydarpasa, fermée depuis février 2012. Encore entretenu, le lieu commence peu à peu à être envahir par les plantes. Carrefour incontournable, symbole du développement de l’empire ottoman, ce lieu chargé d’histoire est probablement notre endroit chouchou de la ville.

Si vous aimez l’industrie, on vous emmènera visiter Santralistanbul dans l’université Bigli. Cette ancienne centrale thermique abrite aujourd’hui un musée d’art et un musée de l’énergie, qui vaut le détour pour son architecture et ses vieilles machines.

Dans les incontournables touristiques, on vous emmènera aussi au Grand Bazar. Même s’il n’est constitué aujourd’hui que de boutiques pour touristes, il est quand même bien rigolo de s’y balader pour y négocier ses souvenirs. On peut aussi y trouver des objets de belle qualité, comme de la vaisselle ou des tavlas (backgammon) sculptés.

Puis, nous irons nous perdre dans la citerne basilique, coincée entre entre Sainte-Sophie et la Mosquée bleue. Ce réservoir d’eau de l’époque de Constantinople offre fraîcheur et calme dans un décor tamisé magnifique. Un lieu étrange qui invite à la photo.

Belleville s’amuse…

Pour l’apéritif, on vous emmène à Besiktas, quartier un peu moins touristique sur les rives du Bosphore juste avant les quartiers chic d’Ortaköy et Bebek. On y retrouve les stambouliotes attablés sur les nombreuses terrasses qui envahissent les rues. On parle fort, on grignote (lieu idéal pour aller voir les matchs de foot), puis on va s’installer sur les quais, là où certains jouent de la guitare ou du djembé, avec un thé à la menthe ou une bière, et on admire les lumières de la rive opposée, qui a l’air de n’être qu’à quelques mètres et qui n’est autre que l’Asie.

On sortira aussi à Taksim, notamment au Zoey Terras, dans l’idéal à l’heure du coucher du soleil, car c’est une des plus belles terrasses sur toit du coin. On partira vite avant qu’elle ne se transforme en club pour aller manger un fistik kebab (aux pistaches, fromage et miel : un délice), puis on ira boire un verre au Peyote, rendez-vous des hipsters, pour voir un concert puis se poser sur la terrasse. Enfin, on ira se déhancher sur les musiques du monde à l’Araf, l’un des clubs les plus cools de la ville perché au 5e étage. Le lendemain, pour se remettre, nous irons bruncher à l’Ufak Tefek Şeyler, super resto de Cihangir, où tout est maison et les mantı délicieuses !

La voix aux stambouliotes…

La voix aux stambouliotes…

Pour compléter notre sélection que nous vous proposons dans l’article Belleville aime en Turquie, nous donnons la voix à Güzin, libraire, qui vous parle ici de la culture en Turquie et de la situation actuelle.

Quelle est la place de l’art dans la vie quotidienne en Turquie ?

Malheureusement, l’art a peu de place dans la vie quotidienne en Turquie. Pour moi qui suis libraire, c’est quelque chose de primordial, car cela permet notamment aux jeunes de s’exprimer et de penser par eux-mêmes. Peu de gens ont le même rapport à l’art que moi, mais il est présent dans ma vie de tous les jours.

Pourriez-vous nous parler d’une œuvre turque qui vous a particulièrement marquée ?

Pour la littérature, je citerais Neige d’Orhan Pamuk, même s’il n’est pas forcément révélateur de la société turque, car c’est un très grand auteur. Mais j’aime des styles très différents. Par exemple Yassar Kemal. Pour le cinéma, je dirais la Boîte de Pandora car avant ce film, on voyait toujours la même chose dans le cinéma turc (des histoires d’amour avec les mêmes ressorts). Yeşim Ustaoğlu a filmé l’histoire d’une dame âgée et d’un jeune homme, et j’ai trouvé cela formidable. Ça m’est apparu comme bien plus réaliste, et par la même occasion cela permettait de soulever les problèmes entre les différentes générations en Turquie.

Quelles avancées espérez-vous ?

Plus de liberté, sans aucun doute. Par exemple, un auteur devrait avoir le droit de s’exprimer sur des sujets de société, ce qui n’est pas le cas sans qu’il rencontre des problèmes après. Il faudrait briser les préjugés et interdiction. Par exemple, j’aime beaucoup Osman Hamdi Bey, peintre du xviiie siècle. Alors que l’Islam interdisait aux fidèles l’art de la peinture, il est le premier à avoir représenté un vieux personnage avec une tortue. À son époque, on ne pouvait voir que des paysages et des natures mortes. Son tableau est un symbole très fort pour moi.  

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur la situation actuelle ?

Je suis très heureuse de ce qu’il se passe, car c’est la première fois que je vois le peuple défendre ses libertés dans la rue. J’ai participé à de nombreuses manifestations où l’on pouvait voir uniquement les intellectuels du pays. Mais cette fois, je pense que le peuple a compris qu’il pouvait obtenir quelque chose en s’exprimant. Par exemple, on ne voyait pas autant de caricatures dans les journaux avant l’affaire Gezi. Les gens ont trouvé des slogans amusants, il se passe vraiment quelque chose de fort au niveau solidarité. Je sens que les gens ont changé. Mon fils qui ne m’avait jamais parlé politique a commencé à s’y intéresser. J’espère que cela va continuer.

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