La voix à Fernando Chamarelli,<br/>illustrateur de la couverture de <i>Sainte Caboche</i>

La voix à Fernando Chamarelli,
illustrateur de la couverture de Sainte Caboche

Chez Belleville, chaque livre est illustré par un artiste du pays de l’auteur. Pour le premier roman de la maison, Sainte Caboche, nous avons eu la chance de travailler avec Fernando Chamarelli, un street artist aux magnifiques œuvres colorées, remplies de créatures exotiques étranges. Nous lui avons posé quelques questions et plongé dans son univers…

Raconte-nous un peu ton quotidien… Quelle place y tient l’art ?

Je pense à l’art en permanence. Je peins un peu tous les matins, après-midis et soirs. En parallèle, je regarde des documentaires et des films pour me donner de l’inspiration. Et j’ai toujours mon carnet à dessin sur moi au cas où. Je vis exclusivement de mon art depuis 2009, mais je pratique plein d’autres activités. J’aime la nature et le sport – le football, comme tout bon Brésilien ! Sinon, vous pouvez me trouver dans les bars sympas de São Paulo :)

Je suis tombé dans l’univers des Marvel à 14 ans, et plus rien n’a été comme avant. Impossible d’arrêter de dessiner. Dans quelques jours, je m’installe dans le Nordeste, à Maceio. Pas très loin de là où se passe Saint Caboche ! (Après vérification, il a quand même près de 600 km… NdÉ.) J’ai la chance de pouvoir vivre où je veux, donc je déménage fréquemment. Généralement, j’embarque ma peinture, quelques habits et mon ordinateur. Ça me suffit !

Comment as-tu trouvé l’inspiration pour créer ton style ?

Ça s’est fait dans le temps. Mon travail a beaucoup évolué avec les années. Je crois surtout que c’est un mélange de différentes formes d’art : dessins animés, caricatures, portraits réalistes, tatouages, graffiti, art numérique, illustrations, peintures… J’ai tout essayé avant de trouver mon style.

Es-tu particulièrement influencé par ton pays ?

Le Brésil est un pays immense, coloré et plein de contrastes. C’est une culture très riche portée par des gens du monde entier. La musique traditionnelle, les mythes populaires et les festivités m’ont grandement influencé bien entendu !

Aurais-tu des endroits à nous recommander au Brésil ?

Bien sûr ! Il y a tellement de villes dynamiques et vivantes, et des centaines de plages et de paysages paradisiaques… Mais s’il faut choisir, je dirais Florianópolis, sur l’île de Santa Catarina au sud du pays, aussi appelée la isla mágica. J’y ai vécu deux ans. Une période de ma vie incroyable et très créative. Vous devriez absolument visiter ce coin de paradis.

Panorama depuis Florianópolis, Santa Catarina © Marlon Dutra

Quel est ton rapport au street art et à sa mondialisation ?

Le street art, et en particulier le graffiti, est par essence un outil puissant pour les artistes : le moyen de s’adresser directement au grand public. C’est une manifestation visuelle d’une personne envers les autres. La mondialisation a rapproché les humains, nous sommes plus aisément au courant de ce qui se passe à l’autre bout de la planète et grâce à l’art nous continuons à dénoncer ce qui ne va pas. Et il en va de même pour le street art.

La majorité des Brésiliens n’ont jamais visité un musée ou une galerie d’art. Mais ils sont confrontés à l’art sous toutes ses formes au quotidien. C’est salvateur. Chaque fois que je peux peindre dans les rues, je participe à cet élan et c’est gratifiant.

Comment as-tu travaillé pour la couverture de Sainte Caboche ? Connaissais-tu le livre ?

Pour être tout à fait honnête je n’ai pas pu lire le livre dans sa totalité ; je manquais de temps… Mais le peu que j’en ai lu a suffi à m’inspirer. J’ai repris les éléments principaux de l’histoire pour créer l’illustration. J’ai tenté de m’immerger dans le monde de Socorro Acioli. Sainte Caboche est un roman passionnant et je suis toujours admiratif du travail d’un auteur… Moi qui ne sait qu’utiliser l’image pour m’exprimer :)

Avais-tu déjà réalisé des couvertures de livres auparavant ?

Non c’était la première fois et j’ai adoré ! Surtout que j’ai eu la liberté de le faire à ma manière et que les éditrices ont aimé immédiatement ! D’ordinaire, dans le cadre d’une commande, les clients demandent systématiquement des changements. Avec vous, c’était différent, plus facile, en un sens, et très amusant. J’espère sincèrement renouveler l’expérience.

Parle-nous un peu de ton actualité ?

Je suis diplômé en graphisme, mais en ce moment je me consacre à la peinture sur toile… Et je parcours le monde pour exposer mon travail. Et toujours l’art digital et le street art !

Retrouvez-le sur son site, Flickr et Instagram !

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