La voix à Iulian Ciocan, auteur Belleville, originaire de Moldavie

La voix à Iulian Ciocan, auteur Belleville, originaire de Moldavie

Nous avons l’immense plaisir de vous présenter notre tout premier auteur — celui que nous avons « signé » au début de notre périple qui passait par la Roumanie (rappelez-vous) ! Il s’appelle Iulian Ciocan et vit à Chisinau en Moldavie. Son roman, Le Royaume de Sasha Kozak, paraîtra en 2016 aux éditions Belleville donc ! Petite interview.

Raconte-nous qui tu es.

Je suis écrivain et journaliste. Je suis d’ailleurs davantage journaliste car il ne m’est pas encore possible de vivre de ma plume. J’anime une rubrique pour Radio Free Europe intitulée « La réalité dans les petits détails » qui me demande beaucoup de travail. J’écris sur le quotidien des gens. La politique ne m’intéresse que lorsqu’elle a un impact sur la vie de tous les jours. Partant du principe qu’en Moldavie, la politique est présente partout, on peut considérer en quelque sorte que je suis un journaliste politique. Quand j’ai du temps libre, j’écris mes livres… et je joue en ligne au tennis de table et aux échecs !

Dans quels pays as-tu été publié ? Que ressens-tu à l’idée d’être publié en France ?

Pour un auteur moldave, ce n’est pas évident d’être traduit dans d’autres langues. On se heurte à quelques obstacles : nous n’avons par exemple pas d’institut culturel pour financer les traductions. Aussi, tout dépend de l’effort personnel de l’auteur. Je crois que j’ai été chanceux sur ce coup ! Les trois romans que j’ai publiés en langue roumaine ont été repérés par d’excellents traducteurs — si ce n’est les meilleurs. Un de mes romans a été publié en République Tchèque, où il a très bien marché. Un autre est sorti en Slovaquie. Certains extraits de mes textes ont été traduits dans des magazines aux États-Unis, en Belgique, en Allemagne et même au Brésil ! Ce n’est pas grand chose, mais croyez-moi pour un auteur moldave, c’est énorme ! J’ai évidemment hâte de voir la version française du Royaume de Sasha Kozak. Ce sera la première fois que je serai publié dans ce pays. La littérature y est incroyablement fascinante. Beaucoup d’auteurs français m’ont clairement influencé, et m’ont aidé à clarifier ma vision créatrice. Je suis ainsi très friand du Nouveau Roman. Je suis donc enchanté d’être bientôt publié là-bas.

Chisinau a un rôle important dans ton roman. Peux-tu nous expliquer ce que tu aimes et ce que tu n’aimes pas dans ta ville ?

C’est ici que je suis né et ici que j’espère finir mes jours. C’est une ville où les gens parlent majoritairement roumain et russe, et où Est et Ouest sont mélangés. J’aime ses gigantesques et magnifiques parcs, ses vieux bâtiments mais aussi ses douceurs moldaves : les Bucuria, une marque qui devient célèbre même hors de nos frontières ! Malheureusement, l’interminable transition a détruit beaucoup de belles choses. Les gens d’ici n’ont jamais appris le tri des déchets. La corruption et l’évasion fiscale sont présentes à chaque coin de rue.

As-tu des endroits à nous recommander ?

Le marché du centre est une véritable curiosité et vaut définitivement le détour pour un étranger. Vous pourrez y voir des gens dans la misère qui vendent des poulets, du fromage, du lait ou des livres de l’époque soviétique sur le trottoir.

As-tu une librairie préférée ?

Après 1991, bon nombre de librairies ont fermé. Pendant la période soviétique, il y en avait partout dans le pays. Presque toutes ont été détruites et remplacées par des boutique de seconde main ou des bars. À Chisinau, la situation est évidemment meilleure, même si on n’y trouve plus tant de librairies que ça. La plus grande est celle de la maison d’édition Cartier. Récemment, une grande librairie antiquaire, dans laquelle j’ai par exemple trouvé La Guerre de la fin du monde par Mario Vargas Llosa à 10 cents, a fermé. Aujourd’hui, c’est une boutique d’informatique…

Qui est Sasha Kozak pour toi ?

C’est une figure emblématique de la transition moldave. Sa débauche sexuelle correspond parfaitement au cadre difforme de cette société désagrégée par de mauvaises valeurs. La Moldavie a abandonné le socialisme soviétique, mais n’a pas atteint le niveau du capitalisme français d’aujourd’hui. Quand je regarde autour de moi, je vois une jungle coincée dans un buisson où les forts chassent les faibles.

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2Commentaires

  1. Bonjour,
    Je suis traducteur de portugais (mais aussi journaliste et créateur d’un prix littéraire en partie grâce au financement participatif) et j’ai fait le tour des éditeurs pour leur proposer A cabeça do santo de Socorro Acioli. Et j’ai appris sur un site brésilien que vous aviez acheté les droits du roman. Avez-vous déjà un traducteur?
    Bonne route à Belleville éditions!
    Amicalement

    1. Bonjour Daniel,
      Malheureusement, nous avons déjà un traducteur. Mais peut-être pour d’autres projets ? Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles voix.
      Bonne journée,
      Dorothy & Marie

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