Seray Şahiner : « Chaque mot prononcé en faveur du droit des femmes, chaque phrase écrite est une brique retirée au mur de la prison qui les enferme. »

Bonjour Seray, et merci beaucoup de répondre à nos questions ! Dans quelques jours, les lecteurs français découvriront Ne tournez pas la page. Pouvez-vous nous présenter l’histoire en quelques mots ? Ne tournez pas la page est une histoire de violence et de harcèlement comme il en existe trop. À l’origine, ce qui me contrariait le plus, c’était d’être habitué à regarder ces événements de l’extérieur, à les banaliser, voire même les ignorer. L’héroïne du livre, Leyla, est une femme d’origine modeste. Mariée de force par sa famille, elle devient prisonnière de son époux. C’est ainsi que les violences commencent… Coincée entre les quatre murs de son appartement, elle a pour unique compagnon la télévision. Elle se décrit elle-même comme docteur ès TV… Mais les conseils prodigués par le petit écran ne lui sont d’aucune utilité. Pire, dans un quotidien baigné par la violence, des phrases-types comme « Jamais devant les enfants ! » ont pour seul effet de lui briser un peu plus le cœur. Ce qui la sauve, c’est son humour. C’est en ignorant son malheur qu’elle se crée un espace pour respirer. Dans ce livre, j’utilise l’humour comme une forme d’aliénation. Car pour résoudre ces problèmes, nous devons tous prendre la responsabilité de ce dont nous sommes témoins. Pour moi, le trait de caractère le plus précieux de mon personnage …