La voix à Régis de Sá Moreira,<br/>traducteur de Socorro Acioli

La voix à Régis de Sá Moreira,
traducteur de Socorro Acioli

Le 14 mars prochain sortira le premier roman de Belleville éditions, Sainte Caboche de Socorro Acioli. Embarquez avec nous dès aujourd’hui pour le Brésil, en faisant la connaissance de son merveilleux traducteur, Régis de Sá Moreira.

Régis est romancier et traducteur. Né en 1973 d’un père brésilien et d’une mère française, il a vécu plusieurs années au Brésil et aux États-Unis. Sainte Caboche est le premier roman qu’il traduit de sa langue paternelle (découvrez ici les premières pages).

Tu es auteur mais aussi traducteur. Un métier public et un autre plus dans l’ombre… Comment s’organise ton quotidien ?

Les deux sont dans l’ombre en fait. En ce qui me concerne, la partie publique du métier d’écrivain n’est qu’une petite cerise sur un gros gâteau. Mon quotidien s’organise au jour le jour, c’est-à-dire que l’organisation n’est pas mon point fort. Parfois j’écris le matin et traduis l’après-midi, ou l’inverse… et parfois uniquement l’un ou l’autre, ou encore ni l’un ni l’autre. Ceci dit, il y a un moment où un livre demande une entière présence, c’est en général moins long pour une traduction que pour une « création », mais c’est un moment essentiel qu’il faut savoir reconnaître et accueillir. J’ai commencé par l’écriture de mes livres, la traduction est arrivée il y a seulement trois ou quatre ans, je suis encore novice !

Quels sont tes auteurs favoris ? Brésiliens, Français ou autres…

Les livres qui m’ont le plus bouleversé ces dernières années, à la fois comme lecteur et comme auteur, ont été Les détectives sauvages de Roberto Bolaño et Les années d’Annie Ernaux. J’ai grandi avec Maupassant et Salinger. J’aime beaucoup Steinbeck et Michel Houellebecq. Lire Saramago dans le texte a été une expérience impressionnante. J’ai aussi une admiration profonde et continue pour l’œuvre de René Goscinny.

Que t’inspire la phrase : « Traduire, c’est trahir » ? Travailles-tu parfois avec l’auteur directement ?

Ça m’arrive s’il y a des points de vraie incompréhension, un vrai doute sur le sens du texte. Sinon, je ne cours pas après les échanges car je suis entièrement d’accord avec la phrase que vous citez. Et les auteurs ont beau en être conscients, mieux vaut les trahir sans le leur mettre sous le nez. Je dis cela autant comme traducteur que comme auteur traduit.

Tu traduis habituellement de l’anglais, et c’est la première fois que tu te lances dans l’exercice d’une traduction de ta langue paternelle. Pourquoi ce roman en particulier ?

C’est grâce à ce roman en fait. Sinon je ne suis pas certain que j’aurais osé. Quand je l’ai lu en portugais, je me suis senti réjoui du début à la fin. Et il est arrivé à une période où cette recherche d’un père disparu résonnait très fort en moi. La langue de Socorro joue sur la simplicité, le refrain, l’univers de la fable ou du conte mêlé à une réalité quotidienne et régionale. C’est sans doute aussi cette simplicité apparente qui m’a convaincu d’essayer. Évidemment, une fois dedans, on se rappelle que la simplicité n’est pas du tout la facilité, et on se rend compte qu’il va falloir bosser !… Mais c’est un travail que je connais bien.

As-tu rencontré des difficultés (ou au contraire) dans la traduction du portugais, en comparaison avec l’anglais ?

Au début ça paraît plus facile parce que les langues sont beaucoup plus proches. En anglais, bien souvent il n’y a pas le choix, il faut changer. En portugais, on est souvent tenté de traduire littéralement. Sauf que c’est trompeur et que ça ne marche pas comme ça. C’est donc un boulot différent, entre deux langues qui sont plus rivales qu’étrangères. La trahison est moins dévoilée, plus perfide…

Quel livre y a-t-il sur ta table de chevet en ce moment ?

C’est tout ce que j’ai à déclarer de Richard Brautigan (son œuvre poétique complète et bilingue). C’est l’auteur qui m’a le plus encouragé à écrire. Un bon titre pour terminer !

Articles similaires

Un commentaire

  1. […] sur le site de Belleville éditions avec les personnes qui ont fait le livre, de son traducteur, Régis de Sa Moreira, à son illustrateur, Fernando […]

Laisser un commentaire

Lorem fringilla non diam leo consequat.