La voix à Futhi Ntshingila,
autrice d’Enrage contre la mort de la lumière

Bonjour Futhi ! Pouvez-vous vous présenter en tant qu’autrice, journaliste et femme ? Bonjour ! Je m’appelle Futhi Ntshingila. Je suis née dans le township de Pietermaritzburg sur la côte est de l’Afrique du sud. Je suis l’autrice d’Enrage contre la mort de la lumière (en VO : Do Not Go Gentle), publié par Modjaji books en Afrique du Sud et Belleville éditions en France. Mes thèmes de prédilection en terme d’écriture sont les femmes, surtout celles en marge de notre société. J’ai toujours été passionnée par l’idée de préserver la mémoire de femmes qui ont eu des histoires que l’Histoire a ignorées. Je suis une journaliste professionnelle, diplômée de l’université de Rhodes et de l’université de KwaZulu Natal. Aujourd’hui, je vis et travaille à Pretoria. Pour écrire votre puissant roman Enrage contre la mort de la lumière, où avez-vous puisé votre inspiration ? Je me suis basée sur des expériences que j’ai eues en tant que journaliste. Un événement tout particulier m’a longtemps hantée : l’horrible histoire d’une communauté installée de manière non officielle en marge de la ville, qui a été emportée par une inondation fulgurante… Je souhaite raconter des histoires de résilience qui n’arrivent jamais sous le feux des projecteurs du grand public. Mettre en lumière le parcours de femmes qu’on n’a pas l’habitude de voir, et dont …

La voix à Estelle Flory,
traductrice d’Enrage contre la mort de la lumière

Salut Estelle ! Tu as de multiples facettes… Peux-tu nous les présenter ? Salut, Dorothy ! Mon premier métier, c’est éditrice, d’abord au sens de travailler les textes avec les auteurs et les différentes personnes qui interviennent sur un texte (correcteurs, compositeurs et, le plus souvent chez Agullo, traducteurs), puis au sens de publier des textes au sein d’une maison d’édition, et en tant qu’associée de cette maison, avec Nadège Agullo et Sébastien Wespiser. Je suis aussi parfois correctrice pour d’autres éditeurs, et depuis un peu plus d’un an je me suis lancée dans la traduction. Enrage contre la mort de la lumière est ma cinquième, donc je découvre à peine ce nouveau monde. Y a-t-il un côté du miroir que tu préfères ? Pas vraiment. Pour moi, toutes ces facettes sont autant d’angles différents pour travailler un texte, donc sa matière, la langue. Chacune a ses contraintes, ses beautés, sa science propre (c’est en devenant correctrice que j’ai vraiment compris les joies de la grammaire), et chacune nourrit l’autre. Chaque facette agrandit le terrain de jeu qu’est le langage écrit et c’est grisant. Peut-être quand même la traduction, parce que, justement, le terrain de jeu est deux fois plus grand et qu’on est au nœud de la langue et du sens, de l’intention et de la voix. Humainement …

Jean-Chat Tekgyozyan : « Entre Erevan et moi, c’est un amour unilatéral ! »

Bonjour Jean-Chat, voilà quelques jours que les lecteurs français ont pu commencer à découvrir La ville en fuite. Peux-tu te présenter et nous en dire un peu plus ? Voilà 12 ans que j’ai écrit La ville en fuite. À cette époque, l’Arménie était dominée par un régime autoritaire. On n’avait aucun espoir de démocratie. Du coup, j’ai attendu presque 6 ans pour pouvoir être publié. En 2012, quand le livre est sorti, j’ai été surpris de découvrir que tout ce que j’avais écrit s’était bel et bien réalisé. Je ne veux pas dire qu’il s’agit d’une prophétie. Peut-être d’une chimère ? En tout cas, ça ne manque pas d’ironie. Entre deux grandes époques, il y a toujours une période intermédiaire : quand une société se libère d’un système autoritaire, avant de réussir à être vraiment libre. Ton roman se passe dans la capitale arménienne, et le texte lui offre une place toute particulière. Que représente Erevan pour toi ? J’ai hâte de découvrir l’accueil des lecteurs francophones. À l’exception de certaines images « exotiques », La ville en fuite représente les contours d’une ville qui ne cesse de s’échapper. Une particularité doublée d’une élasticité temporelle. Que représente Erevan pour moi ? Je ne crois pas être une personne pathétique… Pourtant, c’est vrai : entre elle et moi, c’est un amour unilatéral ! J’ai vécu presque 41 …

Leylâ Erbil dans « Le Masque et la Plume »

En cette belle matinée du lundi 16 avril, plusieurs interrogations : — Va-t-il faire beau cette semaine ? — Qui de l’œuf ou de la poule ? — Pourquoi toutes ces nouvelles commandes ? Nous cherchons encore les deux premières réponses… Mais la dernière est magnifique : Une drôle de femme est le coup de cœur de Patricia Martin dans l’émission culte « Le Masque et la Plume » sur France Inter​ ! À (re)découvrir ici à la 51m46s !

Seray Şahiner : « Chaque mot prononcé en faveur du droit des femmes, chaque phrase écrite est une brique retirée au mur de la prison qui les enferme. »

Bonjour Seray, et merci beaucoup de répondre à nos questions ! Dans quelques jours, les lecteurs français découvriront Ne tournez pas la page. Pouvez-vous nous présenter l’histoire en quelques mots ? Ne tournez pas la page est une histoire de violence et de harcèlement comme il en existe trop. À l’origine, ce qui me contrariait le plus, c’était d’être habitué à regarder ces événements de l’extérieur, à les banaliser, voire même les ignorer. L’héroïne du livre, Leyla, est une femme d’origine modeste. Mariée de force par sa famille, elle devient prisonnière de son époux. C’est ainsi que les violences commencent… Coincée entre les quatre murs de son appartement, elle a pour unique compagnon la télévision. Elle se décrit elle-même comme docteur ès TV… Mais les conseils prodigués par le petit écran ne lui sont d’aucune utilité. Pire, dans un quotidien baigné par la violence, des phrases-types comme « Jamais devant les enfants ! » ont pour seul effet de lui briser un peu plus le cœur. Ce qui la sauve, c’est son humour. C’est en ignorant son malheur qu’elle se crée un espace pour respirer. Dans ce livre, j’utilise l’humour comme une forme d’aliénation. Car pour résoudre ces problèmes, nous devons tous prendre la responsabilité de ce dont nous sommes témoins. Pour moi, le trait de caractère le plus précieux de mon personnage …

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