La voix à Florica Courriol, traductrice de Iulian Ciocan

Bientôt, nous vous présenterons un roman venu de Moldavie, par l’auteur Iulian Ciocan dont nous vous avons déjà parlé. En attendant, pour vous mettre l’eau à la bouche, nous souhaitions vous présenter sa merveilleuse traductrice Florica Courriol. Née en Roumanie, Florica est traductrice et professeure de traduction à l’École normale supérieure de Lyon. Nous l’avons rencontrée lors du FILIT (Festival international de Littérature et de Traduction de Iași) avec son mari Jean-Louis Courriol. Très soudés, tous deux fourmillent de beaux projets : l’entente a été immédiate. Nous avions envie que vous la connaissiez mieux, pour comprendre ce qui nous a séduit chez elle avant de découvrir le superbe roman de Iulian Ciocan. Vous vivez entre la France et la Roumanie. Pouvez-vous nous raconter votre parcours et nous expliquer votre quotidien ? Je suis née en Roumanie où j’avais commencé des études de français, langue que j’adorais (si ce n’est pas un pléonasme de la part d’un Roumain), lorsqu’un jour le hasard a mis sur mon chemin d’étudiante un jeune Français, beau et intelligent de surcroît, professeur de Lettres classiques, intéressé par langue roumaine. J’adorais son accent exquis et ses connaissances de latin et de grec, je rêvais d’en faire un ami : il est devenu mon mari ! Mais le chemin a été long et difficile, on ne pouvait pas se marier …

La voix à Iulian Ciocan, auteur Belleville, originaire de Moldavie

Nous avons l’immense plaisir de vous présenter notre tout premier auteur — celui que nous avons « signé » au début de notre périple qui passait par la Roumanie (rappelez-vous) ! Il s’appelle Iulian Ciocan et vit à Chisinau en Moldavie. Son roman, Le Royaume de Sasha Kozak, paraîtra en 2016 aux éditions Belleville donc ! Petite interview. Raconte-nous qui tu es. Je suis écrivain et journaliste. Je suis d’ailleurs davantage journaliste car il ne m’est pas encore possible de vivre de ma plume. J’anime une rubrique pour Radio Free Europe intitulée « La réalité dans les petits détails » qui me demande beaucoup de travail. J’écris sur le quotidien des gens. La politique ne m’intéresse que lorsqu’elle a un impact sur la vie de tous les jours. Partant du principe qu’en Moldavie, la politique est présente partout, on peut considérer en quelque sorte que je suis un journaliste politique. Quand j’ai du temps libre, j’écris mes livres… et je joue en ligne au tennis de table et aux échecs ! Dans quels pays as-tu été publié ? Que ressens-tu à l’idée d’être publié en France ? Pour un auteur moldave, ce n’est pas évident d’être traduit dans d’autres langues. On se heurte à quelques obstacles : nous n’avons par exemple pas d’institut culturel pour financer les traductions. Aussi, tout dépend de l’effort personnel de l’auteur. Je crois que j’ai été chanceux sur ce …

Si on partait ensemble à Bucarest, on vous emmènerait là…

Belleville aime… Bucarest risque bien de vous surprendre à chaque coin de rue ! Pour commencer, Belleville vous emmène faire un tour dans le vieux quartier autour de la rue Lipscani. Une promenade incontournable pour les férus de vieilles enseignes datant de l’époque communiste. Arrêtez-vous dans une des églises orthodoxes pour vous émerveiller devant icônes et peintures, et faites un petit détour par le caravansérail Hanul lui Manuc, datant de 1808. Une bonne marche vous mènera ensuite au Palais du Parlement, construit en 1984 par Ceaușescu. Plus grand bâtiment d’Europe, et deuxième plus grand bâtiment du monde, il vous fera vous sentir bien petit ! Il abrite le Musée d’art contemporain de la ville qu’on visitera avec bonheur, et on ne manquera surtout pas de faire un tour dans l’incroyable librairie BD Jumatatea Plina à la fin du parcours ! Après ce passage obligatoire, Belleville vous fera visiter les parcs de la ville… immenses et reposants. Coups de cœur pour les parcs Herăstrău et Tineretului ! Pour faire le plein de tranquillité, on ira au Lacul morii, autour duquel il fait bon se promener à la découverte d’une architecture plutôt austère mais singulière. Le lendemain matin, nous filerons au marché d’Obor, l’un des plus grands marchés de la ville, où vous pourrez trouver presque tout ce que vous cherchez ! Ensuite, on fera un tour des plus …

Uniti salvam Roșia Montană

Petit rappel des faits. Roșia Montană est un petit village des Carpates. Ville minière de Transylvanie, elle vivait depuis toujours dans l’anonymat. Jusqu’au jour où le peuple roumain, que l’on n’a pas l’habitude de voir dans les rues, se réveille et décide de défendre ses droits. Deux raisons majeures, écologique et économique. Tout d’abord, pourquoi donner à une société étrangère le droit d’exploiter l’or et l’argent de son pays ? C’est pourtant ce qu’a fait le gouvernement, en laissant l’exploitation à Gabriel Ressources, une société canadienne. Et comme si cela n’était pas suffisant, il l’a autorisé à utiliser du cyanure pour l’extraction des matériaux (prévisions : 40 tonnes par jour). Conséquences estimées : 250 millions de tonnes de déchets liquides, qui seront stockés dans un lac artificiel, ce qui détruira au total 42 km² de forêt, ainsi qu’une partie du village. Sur 3 000 habitants, 1 000 seront tenus de déménager. Par ailleurs, la société minière, qui possède déjà une bonne partie du village, a obtenu de l’état roumain le droit d’exproprier tous ceux qui refuseraient de vendre leurs maisons.  C’est vrai que c’est plus commode. Belleville arrive en Roumanie en plein « Automne roumain ». La presse parle aussi de « Mouvement des indignés ».  Le peuple descend tous les weekends dans la rue pour demander l’inscription du site au patrimoine de l’UNESCO et la démission du gouvernement. Même si …

La voix à Sidonie, libraire française à Bucarest

Il y a un peu plus d’un an, Sidonie ouvrait une librairie française à Bucarest : la librairie Kyralina, qui est vite devenue un lieu de référence pour les francophones en quête de lecture en tout genre. Nous sommes allées lui rendre visite, et nous avons été enchantées. Comme vous pourrez le voir dans la galerie photo, la librairie est un lieu où il fait bon flâner et s’attarder : la déco faite de palette est enchanteresse, et la sélection de livres impressionnante. Nous donnons aujourd’hui la parole à celle qui a fondé ce merveilleux petit univers. Pourquoi ouvrir une librairie française à Bucarest ? Pour créer un espace privilégié pour les nombreux francophones de la ville (1 personne sur 4 parle français et les élèves apprennent encore la langue à l’école). Les Roumains lisent-ils beaucoup en français ? La librairie fonctionne, donc je dirais oui. 70 % de nos clients sont roumains. Qu’est-ce qui fonctionne ? Nous avons environ 4 500 références. Le secteur qui fonctionne le mieux est la jeunesse (50 % de nos ventes). Ensuite, c’est la littérature et les sciences sociales. Et pour la littérature ? Nous vendons aussi bien de la littérature française que des livres traduits. Par exemple pour les Roumains souhaitant faire des cadeaux à leurs amis français, nous vendons les auteurs roumains traduits. Mais les Roumains achètent également la littérature étrangère …

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