La voix à Corina Sabau et Florica Courriol,
autrice et traductrice de Et on entendait les grillons

Interview croisée entre l’autrice et la traductrice de Et on entendait les grillons, publié en 2021 aux éditions Belleville  Voici un projet hautement féminin. Une autrice roumaine qui s’empare du sujet des avortements clandestins en Roumanie de Ceausescu ; une traductrice qui travaille avec d’importantes voix féminines roumaines ; et une maison d’éditions montée par des femmes pour faire entendre les grandes voix féminines de la littérature internationale. Diriez-vous que vous vous revendiquez comme féministe ? Quel sens a ce mot à vos yeux ? Corina Sabau Oui, je me revendique comme féministe ; dans le sens où toute femme qui publie un livre devrait être reconnaissante envers les femmes qui l’ont précédée et qui ont pu rendre cette chose possible. Toutes les femmes qui publient de nos jours devraient réfléchir au long parcours qui les a précédées. Il est encore interdit dans certains pays d’exprimer son opinion en tant que femme ; certaines femmes, pour bénéficier de ce droit, ont dû lutter pour pouvoir voter, occuper une fonction publique, avoir accès à une éducation ou aux mêmes salaires que les hommes. Il y a encore du travail dans de nombreuses sphères. En Roumanie, si les femmes ont accédé au droit de vote en 1938 – droit restrictif puisqu’il ne concernait que les femmes de plus de 30 …

La voix à Futhi Ntshingila,
autrice d’Enrage contre la mort de la lumière

Bonjour Futhi ! Pouvez-vous vous présenter en tant qu’autrice, journaliste et femme ? Bonjour ! Je m’appelle Futhi Ntshingila. Je suis née dans le township de Pietermaritzburg sur la côte est de l’Afrique du sud. Je suis l’autrice d’Enrage contre la mort de la lumière (en VO : Do Not Go Gentle), publié par Modjaji books en Afrique du Sud et Belleville éditions en France. Mes thèmes de prédilection en terme d’écriture sont les femmes, surtout celles en marge de notre société. J’ai toujours été passionnée par l’idée de préserver la mémoire de femmes qui ont eu des histoires que l’Histoire a ignorées. Je suis une journaliste professionnelle, diplômée de l’université de Rhodes et de l’université de KwaZulu Natal. Aujourd’hui, je vis et travaille à Pretoria. Pour écrire votre puissant roman Enrage contre la mort de la lumière, où avez-vous puisé votre inspiration ? Je me suis basée sur des expériences que j’ai eues en tant que journaliste. Un événement tout particulier m’a longtemps hantée : l’horrible histoire d’une communauté installée de manière non officielle en marge de la ville, qui a été emportée par une inondation fulgurante… Je souhaite raconter des histoires de résilience qui n’arrivent jamais sous le feux des projecteurs du grand public. Mettre en lumière le parcours de femmes qu’on n’a pas l’habitude de voir, et dont …

La voix à Estelle Flory,
traductrice d’Enrage contre la mort de la lumière

Salut Estelle ! Tu as de multiples facettes… Peux-tu nous les présenter ? Salut, Dorothy ! Mon premier métier, c’est éditrice, d’abord au sens de travailler les textes avec les auteurs et les différentes personnes qui interviennent sur un texte (correcteurs, compositeurs et, le plus souvent chez Agullo, traducteurs), puis au sens de publier des textes au sein d’une maison d’édition, et en tant qu’associée de cette maison, avec Nadège Agullo et Sébastien Wespiser. Je suis aussi parfois correctrice pour d’autres éditeurs, et depuis un peu plus d’un an je me suis lancée dans la traduction. Enrage contre la mort de la lumière est ma cinquième, donc je découvre à peine ce nouveau monde. Y a-t-il un côté du miroir que tu préfères ? Pas vraiment. Pour moi, toutes ces facettes sont autant d’angles différents pour travailler un texte, donc sa matière, la langue. Chacune a ses contraintes, ses beautés, sa science propre (c’est en devenant correctrice que j’ai vraiment compris les joies de la grammaire), et chacune nourrit l’autre. Chaque facette agrandit le terrain de jeu qu’est le langage écrit et c’est grisant. Peut-être quand même la traduction, parce que, justement, le terrain de jeu est deux fois plus grand et qu’on est au nœud de la langue et du sens, de l’intention et de la voix. Humainement …

La voix aux artistes : Maša P. Žmitek de Slovénie !

Peux-tu te présenter et nous expliquer ton travail ? Je suis illustratrice, basée à Ljubljana, et je travaille dans différents domaines, qu’ils soient imaginaires ou réalistes. Je trouve mon inspiration lors de longues promenades dans mon quartier. Être à l’extérieur et bouger mon corps fait bouillonner mon sens créatif ! Ma créativité s’alimente de choses variées comme la nature, les voyages, le théâtre, le cinéma, la poésie, la science et bien d’autres encore. Par ailleurs, j’ai aussi appris que lorsque je me sens peu inspirée par un sujet, je dois accepter d’avoir besoin d’un temps de recherches et de lectures, et de laisser mijoter mes idées dans le fond de mon cerveau jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à éclore ! Ces derniers temps, je me concentre sur l’illustration de livres et le design, notamment son application des environnements visuels plus larges. Je travaille sur différents supports, matériaux et techniques qui peuvent coexister en synergie. Ces cinq dernières années, je me concentre sur l’analogique interactif, des illustrations imprimées basées sur des techniques pré-cinématographiques. Connaissais-tu Agata avant le projet ? Comment était-ce d’illustrer son livre ? Je n’avais jamais rencontré Agata en personne avant, mais je connaissais son œuvre et j’étais ravie d’accepter la proposition d’illustrer son texte. C’est super de vivre et de travailler dans la même ville, partager …

Deux nouvelles slovènes à lire confiné !

Certains d’entre vous ont eu l’occasion de découvrir le savoureux recueil de nouvelles d’Agata Tomažič sorti juste avant le début du confinement : Ce que l’on ne peut confier à sa coiffeuse. Notamment Le Capharnaüm éclairé qui nous a livré cette belle chronique. En attendant de pouvoir retourner en librairie y dépenser les économies de ces semaines en intérieur, nous avons décidé de vous offrir deux nouvelles pour vous faire voyager depuis votre canapé. En prime, quelques mots de l’autrice en direct de Slovénie :     La Slovénie est un petit pays du bout du monde. Tellement au bout du monde, caché et déconnecté de la planète, qu’on plaisantait il y a encore quelques semaines que le virus covid-19 ne nous affecterait pas – parce qu’il ne nous trouverait pas sur la carte ! Hélas, la Slovénie n’est pas épargnée, ce qui montre une fois de plus à quel point le monde contemporain est interconnecté et dans quelle mesure le sort des différents pays de l’Europe est lié. En effet, les nouvelles que j’ai écrites – et qui bien sûr datent de l’époque pré-corona – montrent que les pays et surtout leurs habitants à travers toute le continent se ressemblent plus qu’on ne l’imagine. Pourtant, on ne s’en rendait pas vraiment compte. À travers le parcours des différents personnages, …

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