La voix aux artistes : Maša P. Žmitek de Slovénie !

La voix aux artistes : Maša P. Žmitek de Slovénie !

Peux-tu te présenter et nous expliquer ton travail ?

Je suis illustratrice, basée à Ljubljana, et je travaille dans différents domaines, qu’ils soient imaginaires ou réalistes. Je trouve mon inspiration lors de longues promenades dans mon quartier. Être à l’extérieur et bouger mon corps fait bouillonner mon sens créatif ! Ma créativité s’alimente de choses variées comme la nature, les voyages, le théâtre, le cinéma, la poésie, la science et bien d’autres encore. Par ailleurs, j’ai aussi appris que lorsque je me sens peu inspirée par un sujet, je dois accepter d’avoir besoin d’un temps de recherches et de lectures, et de laisser mijoter mes idées dans le fond de mon cerveau jusqu’à ce qu’elles soient prêtes à éclore !

Ces derniers temps, je me concentre sur l’illustration de livres et le design, notamment son application des environnements visuels plus larges. Je travaille sur différents supports, matériaux et techniques qui peuvent coexister en synergie. Ces cinq dernières années, je me concentre sur l’analogique interactif, des illustrations imprimées basées sur des techniques pré-cinématographiques.

Connaissais-tu Agata avant le projet ? Comment était-ce d’illustrer son livre ?

Je n’avais jamais rencontré Agata en personne avant, mais je connaissais son œuvre et j’étais ravie d’accepter la proposition d’illustrer son texte. C’est super de vivre et de travailler dans la même ville, partager le même environnement, qui nous influence aussi bien personnellement que d’un point de vue créatif. Peut-être que cela aide à avoir plus d’empathie pour l’œuvre, et je trouve que c’est une bonne base pour une synchronisation artistique.

Était-ce la première que tu travaillais avec un éditeur français ? Quelle différence ?

J’ai travaillé avec beaucoup d’éditeurs mais surtout des slovènes. Je ne dirais pas qu’il y ait de différence particulière. La collaboration avec Belleville éditions était rafraîchissante, professionnelle, efficace et agréable. J’ai tout particulièrement apprécié la liberté qu’on m’a laissé d’interpréter le livre à ma manière et de laisser mon imagination s’exprimer.

Un projet sur lequel tu travailles actuellement ?

Puisque je m’occupe actuellement d’une galerie indépendante dédiée à l’illustration, mes projets personnels se développent plus lentement ces derniers temps. Mais je travaille actuellement sur une série éducative de posters en analogie interactive, qui va peut-être devenir une collection de livres.

Ton projet le plus dingue ?

Lorsque je faisais des recherches pour une illustration scientifique sur le cycle de vie d’une grenouille, j’ai conservé des têtards que j’ai récupéré dans un étang et que j’ai ramené chez moi dans mon aquarium. Je leur ai construit une belle maison pour qu’ils se sentent chez eux jusqu’à ce qu’ils deviennent des bébés grenouilles.

Sinon, je suis impliquée dans un projet appelé Cities of Peace avec l’EFIAF New York. On voyage dans différentes villes qui ont vécu des traumatismes sérieux (Arménie, Pologne…) pour créer de gigantesques peintures dorées en collaboration avec une dizaine d’artistes. Cette mission demande un important travail de recherche, la mise en place d’interviews avec les locaux pour que nous, les artistes, puissions comprendre les sentiments que les habitants ont traversés.

Ton endroit préféré en Slovénie ?

Le trail du souvenir et de la camaraderie, aussi connu sous le nom de trail « sur le fil » ou trail « autour de Ljubljana ». Un sentier de gravier qui serpente autour de la capitale, dans un but à la fois récréatif mais aussi d’hommage. Le chemin descend jusqu’à différentes parties de la ville, entouré de forêts, prairies, ruisseaux… Un bol de nature.

Ce que tu ne peux pas confier à ta coiffeuse ?

Un soir, je suis sortie voir un concert et cela faisait une semaine qu’il pleuvait beaucoup. J’étais contente de voir mes amis mais tout à coup j’ai été piquée d’une envie de rentrer. J’ai la mauvaise habitude de ne pas dire au revoir, comme ça personne ne peut insister pour que je reste. J’ai donc filé en douce. Je n’étais pas très loin de chez moi, donc je suis partie à pieds. J’ai pris un raccourci à travers un passage souterrain, et dans le noir je n’avais pas remarqué qu’il était inondé. C’est-à-dire, complétement rempli d’eau. Soudain, en descendant les escaliers, j’ai senti quelque chose qui m’attirait. L’eau. J’ai donc nagé à travers tout le passage inondé. C’est l’esprit de la grenouille de Ljubljana qui s’est réveillé en moi !

Pour en découvrir davantage sur l’univers de Maša, c’est par ici :

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Des illustrations plus belles les unes que les autres

Et des projets aussi magnifiques que fous

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