La voix aux stambouliotes…

Pour compléter notre sélection que nous vous proposons dans l’article Belleville aime en Turquie, nous donnons la voix à Güzin, libraire, qui vous parle ici de la culture en Turquie et de la situation actuelle. Quelle est la place de l’art dans la vie quotidienne en Turquie ? Malheureusement, l’art a peu de place dans la vie quotidienne en Turquie. Pour moi qui suis libraire, c’est quelque chose de primordial, car cela permet notamment aux jeunes de s’exprimer et de penser par eux-mêmes. Peu de gens ont le même rapport à l’art que moi, mais il est présent dans ma vie de tous les jours. Pourriez-vous nous parler d’une œuvre turque qui vous a particulièrement marquée ? Pour la littérature, je citerais Neige d’Orhan Pamuk, même s’il n’est pas forcément révélateur de la société turque, car c’est un très grand auteur. Mais j’aime des styles très différents. Par exemple Yassar Kemal. Pour le cinéma, je dirais la Boîte de Pandora car avant ce film, on voyait toujours la même chose dans le cinéma turc (des histoires d’amour avec les mêmes ressorts). Yeşim Ustaoğlu a filmé l’histoire d’une dame âgée et d’un jeune homme, et j’ai trouvé cela formidable. Ça m’est apparu comme bien plus réaliste, et par la même occasion cela permettait de soulever les problèmes entre les différentes générations en Turquie. Quelles avancées espérez-vous ? Plus de …

Comment découvre-t-on un auteur turc sans parler turc ?

C’est étrange… Nous travaillons toutes depuis longtemps dans l’édition et c’est la première fois que cette question revient aussi souvent. Comme si les expressions « voyage autour du monde » et « découverte d’auteurs » créaient une toute nouvelle impression. Mais c’est aussi vrai que ce n’est pas clair (hein ?). Comment fait-on pour savoir qu’un roman est bon si on ne peut pas le lire ? Et bien comme les autres… Officialisons les choses : rares sont les éditeurs de littérature étrangère multilingues. Il paraît difficile de lire aussi bien Faulkner, Tolstoï et Neruda dans le texte. En règle générale, un éditeur maîtrise toujours l’anglais et souvent une seconde langue. Mais cela ne lui permet pas d’accéder à toutes les littératures du monde. Alors il s’entoure. Il se crée un réseau d’agents littéraires. Ardents défenseurs de leurs auteurs, ils se chargent de vendre leurs droits ailleurs dans le monde. Et ils ont des arguments de poids : plaquette avec photographie de l’auteur en quadri, des kilomètres de revue de presse et très souvent une traduction en anglais des premiers chapitres… Et en bons commerciaux, on ne saurait leur reprocher parfois un certain manque d’objectivité. Cela ne suffit donc pas. L’éditeur complète alors son réseau par des traducteurs. La relation qui s’établit entre eux est primordiale. Se faire confiance, connaître ses goûts et ses dégoûts, se voir …

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