« Visez-nous »
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Sachez que si les médias (étrangers comme turcs) ne relaient pas forcément ce qu’il se passe en ce moment à Istanbul (et dans bon nombre d’autres villes de Turquie), la révolte n’est pas éteinte pour autant. Pendant les semaines qui ont suivi les affrontements, la Turquie a connu le mouvement du « duran adam » (littéralement, « l’homme debout »), lancé par un artiste. D’abord sur la place Taksim, l’artiste suivi rapidement par un bon nombre de stambouliotes, restait debout pendant des heures, sans parler si bouger, à fixer la photo d’Atatürk (père de la démocratie turque) déployée sur le centre culturel éponyme. Le mouvement s’est vite étendu à travers la Turquie puis le reste du monde (Berlin, Madrid, etc.), en tant que symbole fort d’une résistance pacifique et silencieuse. Depuis, presque tous les soirs, les Turcs opposés au régime actuel se réunissent dans les parcs de la ville pour discuter et tenter d’informer les gens non politisés. Dans la galerie photo, un forum ayant lieu à Kadikoy sur la rive asiatique. Les règles sont simples : 4 minutes par personne, pour donner son avis et proposer des changements. Interdiction d’interrompre, d’interpeller ou de critiquer celui qui parle. On peut montrer son opposition en croisant les bras devant la tête, ou au contraire soutenir les propos par des applaudissements silencieux, c’est-à-dire les mains en …

Première étape
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Nous voilà Kedi et moi à Istanbul, l’une des plus grandes mégalopoles du monde, à cheval sur deux continents, Europe et Asie, entourée du Bosphore, de la Corne d’or et de la mer de Marmara… Un véritable rêve éveillé pour la première étape du voyage. Nous arrivons en Turquie dans une période importante pour l’histoire du pays. Il règne dans l’atmosphère une soif de liberté, et une prise de conscience sur la situation politique et sociale. Un bref rappel des faits : le 28 mai 2013, le gouvernement prévoyait la démolition du parc de Gezi, dernier poumon de verdure du centre-ville où les centres commerciaux pullulent. Des manifestants se sont réunis dans le parc pour marquer leur opposition. Une bataille a alors commencé, celle d’une partie du peuple qui profite de Gezi pour faire entendre sa voix sur la politique actuelle, et celle du gouvernement qui ne souhaite pas renoncer à son projet. Elle laisse derrière elle cinq morts. Aujourd’hui, il y a encore régulièrement des affrontements à Taksim, surtout le week-end. Les manifestants les plus téméraires subissent jusqu’au petit matin les bombes lacrymogènes lancées par les camions de police qui sillonnent Istiklal, avenue principale du centre moderne. La population est divisée : d’un côté, les gens qui sont contents du gouvernement en place, de l’autre les opposants …

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