La voix à Estelle Flory,
traductrice d’Enrage contre la mort de la lumière

Salut Estelle ! Tu as de multiples facettes… Peux-tu nous les présenter ? Salut, Dorothy ! Mon premier métier, c’est éditrice, d’abord au sens de travailler les textes avec les auteurs et les différentes personnes qui interviennent sur un texte (correcteurs, compositeurs et, le plus souvent chez Agullo, traducteurs), puis au sens de publier des textes au sein d’une maison d’édition, et en tant qu’associée de cette maison, avec Nadège Agullo et Sébastien Wespiser. Je suis aussi parfois correctrice pour d’autres éditeurs, et depuis un peu plus d’un an je me suis lancée dans la traduction. Enrage contre la mort de la lumière est ma cinquième, donc je découvre à peine ce nouveau monde. Y a-t-il un côté du miroir que tu préfères ? Pas vraiment. Pour moi, toutes ces facettes sont autant d’angles différents pour travailler un texte, donc sa matière, la langue. Chacune a ses contraintes, ses beautés, sa science propre (c’est en devenant correctrice que j’ai vraiment compris les joies de la grammaire), et chacune nourrit l’autre. Chaque facette agrandit le terrain de jeu qu’est le langage écrit et c’est grisant. Peut-être quand même la traduction, parce que, justement, le terrain de jeu est deux fois plus grand et qu’on est au nœud de la langue et du sens, de l’intention et de la voix. Humainement …

Deux nouvelles slovènes à lire confiné !

Certains d’entre vous ont eu l’occasion de découvrir le savoureux recueil de nouvelles d’Agata Tomažič sorti juste avant le début du confinement : Ce que l’on ne peut confier à sa coiffeuse. Notamment Le Capharnaüm éclairé qui nous a livré cette belle chronique. En attendant de pouvoir retourner en librairie y dépenser les économies de ces semaines en intérieur, nous avons décidé de vous offrir deux nouvelles pour vous faire voyager depuis votre canapé. En prime, quelques mots de l’autrice en direct de Slovénie :     La Slovénie est un petit pays du bout du monde. Tellement au bout du monde, caché et déconnecté de la planète, qu’on plaisantait il y a encore quelques semaines que le virus covid-19 ne nous affecterait pas – parce qu’il ne nous trouverait pas sur la carte ! Hélas, la Slovénie n’est pas épargnée, ce qui montre une fois de plus à quel point le monde contemporain est interconnecté et dans quelle mesure le sort des différents pays de l’Europe est lié. En effet, les nouvelles que j’ai écrites – et qui bien sûr datent de l’époque pré-corona – montrent que les pays et surtout leurs habitants à travers toute le continent se ressemblent plus qu’on ne l’imagine. Pourtant, on ne s’en rendait pas vraiment compte. À travers le parcours des différents personnages, …

La voix aux artistes : Zvonimir Haramija Hans de Croatie !

Zvonimir Haramija Hans est le talentueux artiste croate qui nous a fait l’honneur d’illustrer la couverture du roman de Damir Karakaš, Blue Moon. Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Zagreb, il travaille différentes techniques : dessin, collage, peinture murale ou sur toile, numérique, photomontage et animation. Nous vous proposons d’en découvrir davantage sur son univers en quelques questions… Tout d’abord, on te laisse te présenter ! Je suis un artiste et professeur d’art croate. Je puise mon inspiration dans la culture populaire et alternative (le cinéma, la musique, l’art, le design…) des années 1940 à aujourd’hui. J’apprécie tout particulièrement les univers visuels des années 1950 et 1960. Lorsque je peins, j’utilise de l’acrylique, technique que j’ai utilisée pour illustrer la couverture de ce roman. Connaissais-tu Damir Karakaš ? C’est un auteur très connu en Croatie donc je le connaissais lui ainsi que son œuvre. J’avais déjà lu un roman de sa plume et des interviews. Il aborde des sujets très intéressants qui me touchent directement. Tout particulièrement Blue Moon, puisque j’ai fait partie de la mouvance rockabilly à la fin des années 1980, alors que j’étais encore un enfant dans une petite ville de Croatie. Je me souviens bien de cette atmosphère particulière juste avant l’éclatement de la guerre, que le livre décrit si bien, alors que je …

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