Jean-Chat Tekgyozyan : « Entre Erevan et moi, c’est un amour unilatéral ! »

Bonjour Jean-Chat, voilà quelques jours que les lecteurs français ont pu commencer à découvrir La ville en fuite. Peux-tu te présenter et nous en dire un peu plus ? Voilà 12 ans que j’ai écrit La ville en fuite. À cette époque, l’Arménie était dominée par un régime autoritaire. On n’avait aucun espoir de démocratie. Du coup, j’ai attendu presque 6 ans pour pouvoir être publié. En 2012, quand le livre est sorti, j’ai été surpris de découvrir que tout ce que j’avais écrit s’était bel et bien réalisé. Je ne veux pas dire qu’il s’agit d’une prophétie. Peut-être d’une chimère ? En tout cas, ça ne manque pas d’ironie. Entre deux grandes époques, il y a toujours une période intermédiaire : quand une société se libère d’un système autoritaire, avant de réussir à être vraiment libre. Ton roman se passe dans la capitale arménienne, et le texte lui offre une place toute particulière. Que représente Erevan pour toi ? J’ai hâte de découvrir l’accueil des lecteurs francophones. À l’exception de certaines images « exotiques », La ville en fuite représente les contours d’une ville qui ne cesse de s’échapper. Une particularité doublée d’une élasticité temporelle. Que représente Erevan pour moi ? Je ne crois pas être une personne pathétique… Pourtant, c’est vrai : entre elle et moi, c’est un amour unilatéral ! J’ai vécu presque 41 …

Seray Şahiner : « Chaque mot prononcé en faveur du droit des femmes, chaque phrase écrite est une brique retirée au mur de la prison qui les enferme. »

Bonjour Seray, et merci beaucoup de répondre à nos questions ! Dans quelques jours, les lecteurs français découvriront Ne tournez pas la page. Pouvez-vous nous présenter l’histoire en quelques mots ? Ne tournez pas la page est une histoire de violence et de harcèlement comme il en existe trop. À l’origine, ce qui me contrariait le plus, c’était d’être habitué à regarder ces événements de l’extérieur, à les banaliser, voire même les ignorer. L’héroïne du livre, Leyla, est une femme d’origine modeste. Mariée de force par sa famille, elle devient prisonnière de son époux. C’est ainsi que les violences commencent… Coincée entre les quatre murs de son appartement, elle a pour unique compagnon la télévision. Elle se décrit elle-même comme docteur ès TV… Mais les conseils prodigués par le petit écran ne lui sont d’aucune utilité. Pire, dans un quotidien baigné par la violence, des phrases-types comme « Jamais devant les enfants ! » ont pour seul effet de lui briser un peu plus le cœur. Ce qui la sauve, c’est son humour. C’est en ignorant son malheur qu’elle se crée un espace pour respirer. Dans ce livre, j’utilise l’humour comme une forme d’aliénation. Car pour résoudre ces problèmes, nous devons tous prendre la responsabilité de ce dont nous sommes témoins. Pour moi, le trait de caractère le plus précieux de mon personnage …

La voix à Socorro Acioli,
auteure de Sainte Caboche

Socorro Acioli est l’auteur du premier roman publié chez Belleville, Sainte Caboche. Après Seray Şahiner et ses portraits de femmes de la Turquie d’aujourd’hui, direction le Nordeste brésilien, terre de superstitions et de magie ! Parle-nous un peu de ton quotidien : ton travail, ta famille, tes loisirs. Je suis écrivain à temps complet depuis 2006 : j’écris pour les adultes, les adolescents et les enfants, ainsi que des articles et des nouvelles. Je voyage beaucoup pour donner des conférences et faire des lectures, entre autres. Ces derniers temps, j’écris à la maison pour pouvoir m’occuper de mon bébé, Camila, et de ma grande fille Beatriz. En gros, j’écris quand Camila dort. J’ai un article à rendre au journal O Povo chaque semaine, je viens de terminer un livre sur l’écriture créative ainsi que deux nouvelles et j’essaie d’achever un roman Young Adult mélangeant horreur, romance et fantastique. Je donne également un cours d’écriture créative à ceux qui s’intéressent au métier d’auteur. J’ignore comment j’arrive à tout faire ! Et pourtant c’est le cas. Je n’ai plus de temps à consacrer aux loisirs… mais avant je nageais beaucoup et je regardais des séries :) Comment es-tu arrivée à l’écriture ? Quand j’avais huit ans, le directeur de mon école m’a fait venir dans son bureau. Il m’a dit que j’avais un don …

La voix à Olesea Caus,
illustratrice du Royaume de Sasha Kozak

Pour Le Royaume de Sasha Kozak, nous avons eu la chance de travailler avec la jeune – et déjà grande – artiste aquarelliste moldave Olesea Caus. En quelques échanges de mails, et après qu’elle ait lu le livre rapidement pour s’en imprégner, nous recevions des propositions immédiatement justes. Elle a tout de suite su capturer la poésie de ce texte, mêlant l’arbre bavard de la cour du bloc de Sasha Kozak aux buildings imposants qui font le paysage de Chișinău. Un décor bien moins terne que ce que l’on peut imaginer. Nous sommes enchantées de vous la présenter. Parle-nous de ton quotidien et de la place de l’art dans ta vie Je peins depuis toujours. Ça a commencé comme un simple loisir d’enfant, mais quand mes parents m’ont vu dessiner sur les murs de la maison, ils m’ont envoyée au lycée d’arts plastiques Igor Vieru, à Chișinău. J’ai ensuite intégré l’Académie des Beaux-Arts. Aujourd’hui, je vis à Barcelone, où je partage mon temps entre mon activité artistique et un travail dans l’industrie de la mode. Où trouves-tu ton inspiration ? Mon inspiration s’apparente à un ouragan, tantôt dans l’œil du cyclone tantôt en pleine explosion ! Je la puise de la nature, de la Moldavie, des gens que je croise, des voyages, des livres, de la cuisine et des émotions diverses – parfois l’amour et le bonheur, …

La voix à Florica Courriol, traductrice de Iulian Ciocan

Bientôt, nous vous présenterons un roman venu de Moldavie, par l’auteur Iulian Ciocan dont nous vous avons déjà parlé. En attendant, pour vous mettre l’eau à la bouche, nous souhaitions vous présenter sa merveilleuse traductrice Florica Courriol. Née en Roumanie, Florica est traductrice et professeure de traduction à l’École normale supérieure de Lyon. Nous l’avons rencontrée lors du FILIT (Festival international de Littérature et de Traduction de Iași) avec son mari Jean-Louis Courriol. Très soudés, tous deux fourmillent de beaux projets : l’entente a été immédiate. Nous avions envie que vous la connaissiez mieux, pour comprendre ce qui nous a séduit chez elle avant de découvrir le superbe roman de Iulian Ciocan. Vous vivez entre la France et la Roumanie. Pouvez-vous nous raconter votre parcours et nous expliquer votre quotidien ? Je suis née en Roumanie où j’avais commencé des études de français, langue que j’adorais (si ce n’est pas un pléonasme de la part d’un Roumain), lorsqu’un jour le hasard a mis sur mon chemin d’étudiante un jeune Français, beau et intelligent de surcroît, professeur de Lettres classiques, intéressé par langue roumaine. J’adorais son accent exquis et ses connaissances de latin et de grec, je rêvais d’en faire un ami : il est devenu mon mari ! Mais le chemin a été long et difficile, on ne pouvait pas se marier …

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