La voix à Olesea Caus,<br/>illustratrice du <i>Royaume de Sasha Kozak</i>

La voix à Olesea Caus,
illustratrice du Royaume de Sasha Kozak

Pour Le Royaume de Sasha Kozak, nous avons eu la chance de travailler avec la jeune – et déjà grande – artiste aquarelliste moldave Olesea Caus. En quelques échanges de mails, et après qu’elle ait lu le livre rapidement pour s’en imprégner, nous recevions des propositions immédiatement justes. Elle a tout de suite su capturer la poésie de ce texte, mêlant l’arbre bavard de la cour du bloc de Sasha Kozak aux buildings imposants qui font le paysage de Chișinău. Un décor bien moins terne que ce que l’on peut imaginer. Nous sommes enchantées de vous la présenter.

Parle-nous de ton quotidien et de la place de l’art dans ta vie

Je peins depuis toujours. Ça a commencé comme un simple loisir d’enfant, mais quand mes parents m’ont vu dessiner sur les murs de la maison, ils m’ont envoyée au lycée d’arts plastiques Igor Vieru, à Chișinău. J’ai ensuite intégré l’Académie des Beaux-Arts. Aujourd’hui, je vis à Barcelone, où je partage mon temps entre mon activité artistique et un travail dans l’industrie de la mode.

Où trouves-tu ton inspiration ?

Mon inspiration s’apparente à un ouragan, tantôt dans l’œil du cyclone tantôt en pleine explosion ! Je la puise de la nature, de la Moldavie, des gens que je croise, des voyages, des livres, de la cuisine et des émotions diverses – parfois l’amour et le bonheur, ou à d’autres moments, quand je me sens vide ou seule.

Tu viens de Moldavie, tu vis aujourd’hui à Barcelone… Quels sont tes endroits préférés dans ces deux pays ? Comment influencent-ils ton art ?

L’Espagne est un pays très différent du mien, très coloré aussi. Chaque jour peut me faire sentir comme si c’était la première fois là-bas. J’aime marcher dans la Vieille ville, y siroter un verre de vin rouge, imaginer comment c’était, avant mon passage. Je suis une personne assez tournée vers les émotions, et j’accorde de l’importance aux petits détails qui rendent mon quotidien plaisant. Barcelone est remplie de lieux merveilleux : je recommande le Parc du Labyrinthe d’Horta, le quartier gothique, le musée de l’histoire de la ville… La Moldavie est moins touristique, mais c’est un pays chaleureux, où l’on a parfois l’impression que le temps s’est arrêté. La gastronomie y est formidable – citons le plăcinte, des vins parmi les meilleurs au monde, des variétés de pommes et de raisins très sucrés, des villages hors du temps, des gens accueillants et simples, et des lieux chargés d’histoire. Un de mes endroits préférés : le site archéologique Orheiul Vechi, sorte de musée en plein air près du village de Butuceni.

Peux-tu nous raconter ton expérience de création de cette couverture ? Connaissais-tu Iulian Ciocan en tant qu’auteur ?

Un matin, en prenant mon café, j’ai lu un email de Belleville, me proposant une collaboration pour la couverture d’un roman. Je savais déjà qui était Iulian Ciocan, mais je n’avais pas lu ses livres. J’ai dit oui tout de suite sans avoir besoin d’y réfléchir, et le travail a commencé. En quelques jours, je me suis plongée dans le livre et j’ai dessiné les premières esquisses. C’est venu très naturellement, car le livre est vraiment intéressant, abordant des thématiques simples et essentielles, à propos de gens normaux, comme vous et moi. J’avais déjà illustré des catalogues, des bouteilles de vin, des cartes postales, des sacs et des mugs, mais une couverture de roman, c’était la première fois pour moi. Et certainement pas la dernière !

Quelle est ton actualité artistique ?

Je travaille en ce moment sur un nouveau projet, basé sur les thèmes de la femme, des émotions et de la liberté.

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